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Les prochains cafés-philo …


THÈME
DATE
PRÉSENTATION



Le travail va-t-il disparaître ?
à déterminer
Pierre-Jean Dessertine

Le café-philo d'Apt ne pourra plus se réunir au Restaurant de La Tour de l'Ho. Il recherche un lieu d'accueil sur Apt.

Ce peut être un autre établissement bar-restaurant, ou aussi un espace dans un établissement public s'il permet d'apporter une collation à consommer sur place dans le respect des lieux.

Email :
cafephilo.apt@gmail.com


Compte-rendu : "Un Café-philo, pourquoi ?"

Débat très riche organisé sous forme de tour de table pour que chaque participant ait toute la possibilité de s’exprimer.
Les intervenants ont notamment exprimé les raisons de leur participation au café-philo, ce qu’ils en attendaient et enfin ont proposé des thèmes de réflexion et de débat.


Pourquoi participer à un café-philo ?

Parce que c’est un lieu d’échange et de débat, qui permet de découvrir, redécouvrir, approfondir, conceptualiser, et frotter sa cervelle à celle d’autrui. Qui incite à penser et à lire.

Il est porteur du plaisir de l’exercice intellectuel.

C’est un lieu de rencontre de subjectivités débouchant sur une recherche du juste et du vrai, une recherche de vérité, d’une vérité (pour ne pas dire de « La Vérité », sujet possible d’un débat ultérieur).

C’est aussi un lieu où s’exercent le langage et le questionnement sur les sens portés par le langage.

Le café-philo permet de s’affirmer contre le mépris de la parole, de rechercher de la distance vis-à-vis de l’immédiateté ambiante, de penser et conceptualiser pour agir, de libérer la force productive des idées.

Il permet la quête de sens.

Il permet la réflexion pour l’action. Il permet de partir du terrain pour retourner sur le terrain. (par ex, dans l’associatif).

Il apporte des outils de réflexion face au désarroi devant les grandes questions de nos sociétés.


Attentes

Où sont les jeunes ? Où est l’ouverture sur la jeunesse ?

Il y a une certaine frustration vis-à-vis de l’inachèvement de certains débats.  Comment assurer la continuité et l’approfondissement de certains thèmes dans le temps ? Il faudrait pouvoir poursuivre les débats à travers plusieurs séances.

Comment ouvrir et renouveler le café-philo (participants, thèmes, intervenants) ?

Le café-philo doit rester un lieu de "déviance".

Ce terme utilisé par un des intervenants est peut-être un peu fort.
" La déviance est une notion de sociologie désignant des comportements non conformes aux normes sociales.
La récurrence démontre que ces conduites échappent à la pression sociale, menaçant dès lors le système dans sa globalité. Mais, à leur tour, les conduites déviantes démontrent le caractère changeant des sociétés : les normes étant sujettes à des modifications, certaines conduites déviantes peuvent donc devenir conformistes.
Toute conduite déviante n'est pas forcément négative. Une déviance s'écartant des normes pour s'élever vers un modèle idéal (valeurs, vertus, ...) constitue, en fait, une "déviance positive". Mais cette notion demeure aussi relative."
Wikipedia
L'utilisation de ce terme n'insisterait-il pas sur la nécessité de se dégager des conventions sociales et du politiquement correct pour mener un débat philosophique ? Le débat est ouvert ...



Thèmes

Beaucoup de propositions ont été faites au fil de l’eau, qui sont listées telles quelles et sur lesquelles nous reviendrons pour les organiser par thèmes et y associer des problématiques :


·         Recherche de la Vérité ou d’une vérité ?

·         L’homme, libre ou déterminé ?

·         La responsabilité du scientifique, du savant vis-à-vis de ses découvertes

·         Langage et sens

·         Le machisme ?

·         Blaise Cendrars, philosophe de la liberté

·         Victor Hugo, « L’homme qui rit ? » : L’Homme est-il grotesque ou sublime ?

·         Religions et Psychologie

·         La mort

·         La Créativité

·         Le Bonheur : articulation individuel/collectif

·         Le travail et l’aliénation

·         La Communication, l’Information


N'hésitez pas à laisser des commentaires et compléments afin d'alimenter le débat.

Martin Videcoq


Café-philo du 27 septembre : Un café-philo, pourquoi ?

Présenté par Pierre Jean Dessertine et Martin Videcoq


Pourquoi un café philo ?

Pour une réflexion afin de mieux maîtriser les buts et les moyens du café-philo d’Apt.

Toute introduction d’une réflexion met en scène un problème. Nous examinerons d’abord cette notion de problème, ce qui nous permettra de préciser comment se constitue un problème. Nous appliquerons ces éléments au café-philo pour montrer en quoi son but peut être un problème, et justifier ainsi la question-titre.

Cela nous amènera à prendre en compte les motivations qui font choisir un individu de participer à un café-philo. Nous verrons en quoi l’on peut dire que ce choix d’aller à un café-philo exprime le plus haut degré de la liberté humaine.

Mais cette liberté qu’on exerce en participant à un café-philo ne doit pas nous cacher la constellation de motivations qui concourent à notre choix. Or cette constellation de motivations est propre à chacun, et même à chaque décision d’un individu de se rendre à un café-philo. Si bien qu’il faut reconnaître qu’il n’y a de réponses que singulières à la question-titre. La réponse est donc indéfiniment multiple et, finalement, confiée à la volonté de chacun d’être plus lucide sur soi-même.

Mais avant de retourner chacun à son examen intérieur, il faut reconnaître une constante dans cette multiplicité : le désir de vérité ou de lucidité est bien la motivation prévalente qu’on retrouve dans toutes les décisions de participer à un café philo. Il faut donc nous y intéresser car elle est finalement la motivation qui nous réunit à coup sûr. Elle est la réponse universelle à la question-titre. Nous l’avons développée lors du premier café-philo que nous avons animé.

Mais nous ne sommes pas « tout le monde » ici. Nous sommes un groupe particulier d’humains. Il y a donc place pour une réponse particulière à notre question-titre. Cette réponse ne dépassera pas la réponse universelle, elle la complétera. Elle répondra à la question : « Pourquoi un café philo en Apt en 2013-2014 ? » Car pour nous qui sommes réunis ici, l’important est bien, ce vers quoi nous pouvons aller ensemble au long de ces rendez-vous mensuels. Vers de nouvelles visions du monde ? Vers l’ouverture de l’horizon de notre avenir commun ? Vers une meilleure maîtrise de notre pensée ? Vers un soulagement de notre désarroi ? Vers une meilleure connaissance de soi ? Vers une reprise en main de notre liberté ?


Ce ne sont là que quelques exemples d’attentes qui peuvent être très diverses. Mais en échangeant sur elles, nous serons plus lucides sur ce que nous pouvons espérer de notre café-philo, et nous serons mieux à même de résoudre les problèmes techniques de son organisation.


Annexe : Mais un café-pilo, Ques'aco?

Extrait de la charte du réseau Sophia :

Objectifs :
Article 2 : Les cafés philo et activités similaires ont pour première mission de servir d’accès à la philosophie. La pratique des débats est donc subordonnée à cette finalité philosophique et aux finalités intrinsèques de la philosophie. Ces activités ont ensuite pour second objectif de faire rentrer la philosophie dans des lieux publics (cafés, bibliothèques, salons, jardins... etc) afin de faire revenir la philosophie au coeur de la vie publique, de manière vivante et directe.

Sujets :
Article 10 : Dans les cafés philo et activités similaires, tous les sujets peuvent être débattus s’ils sont traités de manière philosophique. Il n’y a pas de sujets qui ne soient pas philosophiques ; les sujets de société, politiques et de citoyenneté sont des sujets philosophiques à part entière. Les sujets doivent être traités de manière objective, en s’appuyant sur la connaissance scientifique, en suivant une argumentation logique et rationnelle, et en procédant à une confrontation finale à la pierre de touche du réel.

Règles du débat :
Article 11 : Les cafés philo et activités similaires sont des lieux de débats publics ouverts. Tous les participants peuvent prendre la parole ou préférer écouter les débats s’ils le désirent. La seule condition est de respecter les règles du débat démocratique, en discutant sur les idées et les arguments et non sur les personnes, en évitant les conflits personnels et la monopolisation de la parole, en évitant que les débats ne deviennent des conférences, et surtout en écoutant de manière ouverte et attentive la parole de chacun car la vérité n’est le monopole de personne, de même que les préjugés.

Charte complète sur : 

Café-philo du 28 juin : Avons-nous besoin d’une philosophie environnementale ?

Présenté par Marie-Christine KADLER
Née en 1950, quand la société va  basculer dans la consommation, l’abus du pétrole et des pesticides !
 C’est très tôt que je m’intéresse aux questions d’écologie, je lis le journal « La Gueule Ouverte », en ayant toutefois du mal à croire ce qui y est écrit. Le tableau me semble catastrophique et ne pas correspondre à mon quotidien. Puis il y a les lectures, Le Printemps silencieux par exemple,  sur le DDT. Il y aura aussi la prise de conscience de l’exploitation des ressources naturelles et humaines des pays dits émergents à notre profit matériel et beaucoup plus tard l’explosion de Tchernobyl. D’un point de vue politique, je vais cesser de croire au progrès social par la croissance du PIB d’une société de consommation. Après un long séjour de 11 ans en Suisse où je découvre la démocratie directe avec des militants d’horizons divers dont des écologistes, je rentre à Apt et m’engage immédiatement dans des mouvements associatifs et dans un parti, Les Verts.

Adjointe au Maire d’Apt depuis 2008 pour l’Ecologie et le Développement Durable, en charge de l’Agenda 21 de la commune, membre d’Europe Ecologie – Les Verts, je m’emploie à mettre en pratique les programmes innovants de l’écologie et je participe à la réflexion sur les problématiques de l’énergie, ce qu’on appelle la transition énergétique. 




Trame de l'intervention

Introduction
Les fondations de nos sociétés : philosophie et contrat social

Développement : l’anthropocentrisme

Quelle est la place de l’homme dans la nature
Extrait :
Pendant des siècles et encore aujourd’hui il semble aller universellement de soi que moralité et humanité sont « co-extensives » (mon exposé reprendra ici presque en lecture commentée l’analyse de Catherine Larrère, La philosophie de l’environnement, PUF 1997 et La Nature n’est plus ce qu’elle était, Ed. L’aube 2002).
Moralité et humanité sont co-extensives dans la mesure où les postulats suivants sont acceptés très largement :
Þ    Tous les êtres humains sont des sujets moraux
Þ    Mais seuls les êtres humains le sont.

Ce qui implique qu’il n’y a de devoirs moraux qu’entre les être humains.

La nature est alors le domaine de notre action technique, non de notre considération morale !
C’est cette position dominatrice face à la nature qu’on peut qualifier d’anthropocentrique. A priori, dans ces conditions, aucun interdit moral ne s’oppose à ce que les Hommes détruisent ce qui les entoure ou épuisent les ressources naturelles.

Pourquoi vouloir protéger la nature ?
Pourquoi protéger la nature ? En raison de sa
valeur intrinsèque qui est une fin en soi   ou bien en raison de sa
valeur instrumentale de moyens mis au service d’une fin, c’est-à-dire des bienfaits qu’elle procure aux hommes ? 

Extrait :
Les grandes religions monothéistes et les philosophies s’accordent souvent pour dire que c’est l’Homme qui est source de toute valeur. C’est ce qu’écrivent Diderot et Kant. Disons-le autrement car c’est ce que cela implique : pour eux, un monde d’où l’homme serait absent n’aurait plus aucune valeur d’aucune sorte.

La protection de la nature, si la nature est vue comme un bien collectif, demande qu’on accepte des contraintes et que certains appétits et intérêts privés soient limités. Or les exigences du marché libéral dans lequel nos sociétés s’inscrivent ont plutôt favorisé l’assouvissement personnel, la consommation et l’individualisme et sont pratiquement parvenues à en faire les modèles de pensée dominants.

L’éthique environnementale cherche donc valeurs et normes. Elle part dans deux directions :

Þ    communautarienne (valeur instrumentale, holiste)
Þ    biocentrique (valeur intrinsèque, individualiste)

L’apparition d’une convergence
Extrait :
Aujourd’hui, une convergence apparaît lentement vers une éthique anthropocentrique élargie. C’est un nouveau paradigme, au sens d’une norme de pensée et modèle d’action qui tend à s’imposer à tout individu d’un groupe.
Ce nouveau paradigme en cours de construction admet que sans protection de la nature et sans prévention des risques, la planète s’expose à une dégradation irréversible des conditions de vie sur terre.
                      
Un exemple de crise écologique complexe : l’alimentation



Conclusion

Premiers pas en Philosophie

C'est le titre du dernier bouquin de Pierre-Jean DESSERTINE : un manuel d'initiation à la philosophie, un parcours de l'histoire de la philosophie.

Pour en savoir plus, cliquez sur Premiers pas en Philosophie

L'errance : fuite ou sauvegarde ? Café-philo du 24 mai

Compte-rendu du café-philo du 24 mai 2013 – L'errance : fuite ou sauvegarde ? – présenté par Catherine Pageard
Pour réécouter l'intervention :
http://www.catherinepageard.blogspot.fr/2013/06/lerrance-fuite-ou-sauvegarde-telle.html

En s’appuyant sur un exemple, l’intervenante aborde l’errance comme une marche qui se démarque radicalement de la marche commune (déplacements utilitaires, promenades, etc.). L’errance apparaît toujours comme la quête d’un lieu qui ne semble jamais pouvoir être véritablement atteint.
Dès lors le problème qui est posé par l’errance est de savoir si elle exprime liberté humaine ou plutôt son impuissance.
La réponse proposée est multiple car sont multiples les figures de l’errance.

Il y a l’errance régressive qui répète son trajet indéfiniment car le lieu d’arrivée n’est jamais l’aboutissement de la quête. En effet, celle-ci visant le passé, elle ne peut trouver son objet dans le présent.

Il y a l’errance de purification qui vise à se dépouiller des oripeaux de la vie sociale pour nouer un contact plus intime et profond avec le monde.

Il y a l’errance de formation qui amène le tout nouveau adulte à « faire la route » pour mieux se connaître lui-même tout en découvrant le monde afin d’être plus lucide sur la place qu’il peut y occuper.

Il y a l’errance de décrochage sociale – vagabonds, clochards, zonards – pour laquelle l’activité de déplacement vaut pour elle-même comme substitut pour l’impossibilité d’être actif dans le cadre de la vie sociale. La fugue peut être comprise comme une forme éphémère (et souvent juvénile) de ce type d’errance.

On voit que certaines forme d’errance manifestent plutôt l’impuissance et la fuite, alors que d’autres sont plutôt du côté de la liberté et de la sauvegarde. Mais l’intervenante se garde bien d’essayer de réduire l’une à l’autre ; elle maintient cette bivalence de l’errance comme un motif essentiel pour stimuler notre réflexion.

Débat


L’idée que l’errance soit une quête de quelque chose de déterminé a été contestée en argumentant que ce qu’on appelle errance est spécifiquement le déplacement sans but, disponible, et aventureux.

Une issue à ce dilemme a été trouvée par recours à l’étymologique : « errance » est dérivé du même radical que « errements » et « erreur ». On peut alors considérer que l’errant a un but, mais qu’il le manque. Cela permet de rendre compte du caractère indéfini et aléatoire de son cheminement. Ce qui a d’ailleurs amené la remarque que l’errance pouvait être rapprochée du jeu.

On a fait valoir, à juste titre, que l’errance était bien plus large que sa forme marchée. Ceci n’était pas une critique de l’intervenante qui, justement, s’est limitée à la marche de façon à mieux cerner la problématique en l’alimentant de lectures de passages d’essais littéraires qui examinent de façon privilégiée cette forme d’errance. Mais cela a permis d’ouvrir le champ de la réflexion et amener à reconnaître en l’errance une dimension essentielle de notre humanité.

On a ainsi reconnu l’importance de l’errance dans les activités sociales (l’errance professionnelle), mais aussi l’errance dans les relations sentimentales, ou encore l’errance collective, comme celle des peuples déplacés par les aléas de l’histoire – l’exil et l’émigration peuvent ainsi être rattachés à l’errance.

Finalement on s’est accordé pour reconnaître que, loin d’être un phénomène de la marginalité sociale, l’errance nous concernait tous, et semblait toucher nos ressorts les plus intimes. C’est pourquoi ce thème a pu provoquer un débat à la fois passionné et passionnant.


Nous avons fait l’hypothèse, en conclusion, que chacun est ou a été, en quelque manière, errant. Car aussi bien l’histoire que l’archéologie montrent que l’espèce humaine, parmi toutes les espèces vivantes, est l’espèce errante par excellence.

Pierre-Jean DESSERTINE

Café-philo du 24 mai



L'errance : fuite ou sauvegarde ?

Marchons-nous pour fuir nos démons ?
Pour apprendre à être libre ?
Ou encore pour exprimer un mal-être existentiel ?

Présenté par Catherine Pageard,
diplômée de psychologie clinique, écrivaine et traductrice,
vit à Bonnieux, où elle enseigne le français à des adultes.



Le thème sera présenté par Catherine Pageard,  diplômée de psychologie clinique, écrivain et traductrice, qui vit à Bonnieux, où elle enseigne le français, langue étrangère, à des adultes. Ses traductions littéraires ont paru aux Presses de la Cité et chez Belfond ; ses traductions spécialisées, dans le domaine médical et paramédical grand public, aux éditions Sully et Trédaniel. Ses livres de cuisine, recueils à la fois de recettes et de préceptes diététiques, aux éditions Ambre.

Lectrice de Giono, elle a donné des conférences aux États-Unis dans le cadre des Alliances françaises et des articles au Bulletin des Amis de Jean Giono.
Passionnée des formes brèves, une grande part de ses nouvelles a été publiée dans des revues et recueils (L’oracle, Editions Sépia, Ecriture, Prix Albertine Sarrasin, journal d’artiste La Fabrique, Brèves, Mauves en noir....).

Autour de Rêves de passage, un recueil de proses poétiques paru en 2011 et de son thème (L'errance) : des lectures publiques et des échanges à retrouver sur le blog de l'auteur. www.catherinepageardblogspot.com





Marche ou errance  ? comment faire le distinguo ?
En s'appuyant pour commencer sur le livre de Frédéric Gros : Marcher, une philosophie.
Frédéric Gros, marcheur et philosophe, est l'éditeur des derniers cours de Michel Foucault.
Il décrit dans son livre la marche dans tous ses états et recense ces fameux états par l'entremise de figures connues :
•                     Nietzsche qui considérait que le vrai pêché contre l'esprit était de demeurer assis – voir aussi le livre que lui a consacré Stefan Zweig.
•                     Rousseau qui ne pouvait composer qu'en marchant
•                     Rimbaud, le génial piéton
•                     Kant, et sa promenade quotidienne

F   Frédéric Gros n'emploie le mot errance qu'à propos de Nerval et il parle alors de « marche fiévreuse de la quête ». Et c'est là, en effet, qu'il faut tracer la ligne de démarcation entre :
-   la marche que nous connaissons tous (balades dans la nature, promenades, déplacements en vile, flâneries)
            et
-  l'errance, expression d'une quête, recherche de quelque chose ou de quelqu'un.  
 
Le double visage de l'errance
errance choisie ou errance subie ?

Dans Daoren, un rêve habitable, Claude Margat, écrivain, marcheur et peintre taoïste écrit Sur le cercle de mon parcours, je retrouve chaque fois les livres, l'errance, la contemplation, l'atelier de peinture, le sommeil. Depuis plus de vingt ans, je me borne à explorer un secteur géographique réduit. J'y ai découvert d'incroyables trésors naturels... p 253
Claude Margat est taoiste. Il pratique la peinture de paysage à l'encre. Le secteur géographique dont il parle, c'est l'estuaire de la Charente, le marais charentais, les alentours de Brouage. Bien qu'il soit un marcheur émérite, il emploie également le mot errance – ou déambulation

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Gwenaëlle Aubry, philosophe et romancière, a retrouvé, à la mort de son père,  ses carnets dans une chemise sur laquelle il avait écrit «  A romancer ». Cet éminent juriste, professeur à la Sorbonne et enseignant à l'ENA,  souffrait de mélancolie : il était maniaco-dépressif.
Je vais lire, extrait du livre qu'elle lui a consacré (intitulé Personne et publié au Mercure de France) un passage qui pourrait porter pour titre : Fuir ! 

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Voici donc le double visage de l'errance : choisie et même revendiquée ou alors subie comme une sorte de malédiction.

Fugue et vagabondage.
Le mot dromomanie a disparu des dictionnaires. Il a été inventé en 1893 par Etienne Régis, un psychiatre qui exerçait ses talents à Bordeaux. Avant, on parlait d'automatisme ambulatoire ou somnambulique, de vagabondage impulsif. Ensuite il sera question de fugue amnésique ou consciente.
Dans tous les cas, il s'agit d'un abandon impulsif de domicile ou de lieu de travail à l'insu de l'entourage. Comme dans l'épisode de Jean B., le somnambule (in Rêves de passage) la destination peut avoir une signification affective ou symbolique. En général, le fugueur est seul. Mais les enfants et les adolescents partent parfois à quelques uns
Comment différencier la fugue du vagabondage ?
En référence à la durée.  
Le vagabond est un fugueur qui s'est installé dans la durée.

Il y aujourd'hui parmi les jeunes une forme de vagabondage, en partie saisonnier, qui par certains côtés s'apparente à la fugue. Jeunes en errance à la rencontre desquels est parti François Chobeaux et dont il rend compte dans un livre intitulé Les nomades du vide. Ces jeunes sont ce que l'on appelle encore aujourd'hui des zonards – le terme n'est pas péjoratif puisque que c'est ainsi qu'ils se nomment eux-mêmes. Nous ferons à cette occasion un petit détour par la zone.

Cette dimension de l'errance est évoquée dans Petite soeur, tiré de Rêves de passage.
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Les personnes présentes reconnaîtront peut-être une femme que l'on croise à Apt, puis en montant vers Saignon.
La lecture de ce texte permettra d'aborder une dimension bien particulière de l'errance : le fait qu'il y ait très peu de femmes errantes et clochardisées.    

Très peu de femmes parmi les clochards, les vagabonds, les zonards, les travellers : dix pour cent en moyenne. Il paraît que nous nous détournons moins facilement que  les hommes du réel,  que nous sommes plus résistantes à la désocialisation, moins sujettes à la pathologie du lien à soi aux autres au monde...