C'est le titre du dernier bouquin de Pierre-Jean DESSERTINE : un manuel d'initiation à la philosophie, un parcours de l'histoire de la philosophie.
Pour en savoir plus, cliquez sur Premiers
pas en Philosophie
Ce blog a pour objet de retracer la vie et les débats du café-philo d'Apt, et de communiquer ses divers projets
calendrier
Les prochains cafés-philo …
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Le travail va-t-il disparaître
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à déterminer
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Pierre-Jean Dessertine
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Le café-philo d'Apt ne pourra plus se réunir au Restaurant de La Tour de l'Ho. Il recherche un lieu d'accueil sur Apt.
Ce peut être un autre établissement bar-restaurant, ou aussi un espace dans un établissement public s'il permet d'apporter une collation à consommer sur place dans le respect des lieux.
Email : cafephilo.apt@gmail.com
L'errance : fuite ou sauvegarde ? Café-philo du 24 mai
Compte-rendu du café-philo du 24 mai 2013 – L'errance
: fuite ou sauvegarde ? – présenté par Catherine Pageard
Pour réécouter l'intervention :
http://www.catherinepageard.blogspot.fr/2013/06/lerrance-fuite-ou-sauvegarde-telle.html
Pour réécouter l'intervention :
http://www.catherinepageard.blogspot.fr/2013/06/lerrance-fuite-ou-sauvegarde-telle.html
En s’appuyant sur un exemple, l’intervenante
aborde l’errance comme une marche qui se démarque radicalement de la marche
commune (déplacements utilitaires, promenades, etc.). L’errance apparaît
toujours comme la quête d’un lieu qui ne semble jamais pouvoir être
véritablement atteint.
Dès lors le problème qui est posé par l’errance
est de savoir si elle exprime liberté humaine ou plutôt son impuissance.
La réponse proposée est multiple car sont
multiples les figures de l’errance.
Il y a l’errance régressive qui répète son trajet
indéfiniment car le lieu d’arrivée n’est jamais l’aboutissement de la quête. En
effet, celle-ci visant le passé, elle ne peut trouver son objet dans le
présent.
Il y a l’errance de purification qui vise à se
dépouiller des oripeaux de la vie sociale pour nouer un contact plus intime et
profond avec le monde.
Il y a l’errance de formation qui amène le tout nouveau
adulte à « faire la route » pour mieux se connaître lui-même tout en
découvrant le monde afin d’être plus lucide sur la place qu’il peut y occuper.
Il y a l’errance de décrochage sociale –
vagabonds, clochards, zonards – pour laquelle l’activité de déplacement vaut
pour elle-même comme substitut pour l’impossibilité d’être actif dans le cadre
de la vie sociale. La fugue peut être comprise comme une forme éphémère (et
souvent juvénile) de ce type d’errance.
On voit que certaines forme d’errance manifestent
plutôt l’impuissance et la fuite, alors que d’autres sont plutôt du côté de la
liberté et de la sauvegarde. Mais l’intervenante se garde bien d’essayer de
réduire l’une à l’autre ; elle maintient cette bivalence de l’errance comme un
motif essentiel pour stimuler notre réflexion.
Débat
L’idée que l’errance soit une quête de quelque
chose de déterminé a été contestée en argumentant que ce qu’on appelle errance
est spécifiquement le déplacement sans but, disponible, et aventureux.
Une issue à ce dilemme a été trouvée par recours
à l’étymologique : « errance » est dérivé du même radical que
« errements » et « erreur ». On peut alors considérer que
l’errant a un but, mais qu’il le manque. Cela permet de rendre compte du
caractère indéfini et aléatoire de son cheminement. Ce qui a d’ailleurs amené
la remarque que l’errance pouvait être rapprochée du jeu.
On a fait valoir, à juste titre, que l’errance
était bien plus large que sa forme marchée. Ceci n’était pas une critique de
l’intervenante qui, justement, s’est limitée à la marche de façon à mieux
cerner la problématique en l’alimentant de lectures de passages d’essais
littéraires qui examinent de façon privilégiée cette forme d’errance. Mais cela
a permis d’ouvrir le champ de la réflexion et amener à reconnaître en l’errance
une dimension essentielle de notre humanité.
On a ainsi reconnu l’importance de l’errance dans
les activités sociales (l’errance professionnelle), mais aussi l’errance dans
les relations sentimentales, ou encore l’errance collective, comme celle des
peuples déplacés par les aléas de l’histoire – l’exil et l’émigration peuvent
ainsi être rattachés à l’errance.
Finalement on s’est accordé pour reconnaître que,
loin d’être un phénomène de la marginalité sociale, l’errance nous concernait
tous, et semblait toucher nos ressorts les plus intimes. C’est pourquoi ce
thème a pu provoquer un débat à la fois passionné et passionnant.
Nous avons fait l’hypothèse, en conclusion, que
chacun est ou a été, en quelque manière, errant. Car aussi bien l’histoire que
l’archéologie montrent que l’espèce humaine, parmi toutes les espèces vivantes,
est l’espèce errante par excellence.
Pierre-Jean DESSERTINE
Pierre-Jean DESSERTINE
Café-philo du 24 mai
L'errance
:
fuite ou sauvegarde ?
Marchons-nous
pour fuir nos démons ?
Pour apprendre à être libre ?
Ou encore pour exprimer un mal-être existentiel ?
Pour apprendre à être libre ?
Ou encore pour exprimer un mal-être existentiel ?
Présenté
par Catherine Pageard,
diplômée
de psychologie clinique, écrivaine et traductrice,
vit à Bonnieux, où elle enseigne le français à des adultes.
vit à Bonnieux, où elle enseigne le français à des adultes.
Le thème sera présenté par Catherine Pageard, diplômée de psychologie clinique, écrivain et traductrice, qui vit à Bonnieux, où elle enseigne le français, langue étrangère, à des adultes. Ses traductions littéraires ont paru aux Presses de la Cité et chez Belfond ; ses traductions spécialisées, dans le domaine médical et paramédical grand public, aux éditions Sully et Trédaniel. Ses livres de cuisine, recueils à la fois de recettes et de préceptes diététiques, aux éditions Ambre.
Lectrice de Giono, elle a donné des conférences aux États-Unis dans le cadre des Alliances françaises et des articles au Bulletin des Amis de Jean Giono.
Passionnée des formes brèves, une grande part de ses nouvelles a été publiée dans des revues et recueils (L’oracle, Editions Sépia, Ecriture, Prix Albertine Sarrasin, journal d’artiste La Fabrique, Brèves, Mauves en noir....).
Autour de Rêves de passage, un recueil de proses poétiques paru en 2011 et de son thème (L'errance) : des lectures publiques et des échanges à retrouver sur le blog de l'auteur. www.catherinepageardblogspot.com
Marche ou errance ? comment faire le distinguo ?
En s'appuyant pour commencer sur le livre de Frédéric Gros :
Marcher, une philosophie.
Frédéric Gros, marcheur et philosophe, est l'éditeur des
derniers cours de Michel Foucault.
Il décrit dans son livre la marche dans tous ses états et
recense ces fameux états par l'entremise de figures connues :
•
Nietzsche qui
considérait que le vrai pêché contre l'esprit était de demeurer assis – voir
aussi le livre que lui a consacré Stefan Zweig.
•
Rousseau qui ne
pouvait composer qu'en marchant
•
Rimbaud, le génial
piéton
•
Kant, et sa promenade
quotidienne
F Frédéric Gros
n'emploie le mot errance qu'à propos de Nerval et il parle alors de « marche fiévreuse de la quête ». Et c'est là, en
effet, qu'il faut tracer la ligne de démarcation entre :
- la marche que nous
connaissons tous (balades dans la nature, promenades, déplacements en vile,
flâneries)
et
- l'errance,
expression d'une quête, recherche de quelque chose ou de quelqu'un.
Le double visage de l'errance
errance choisie ou errance subie ?
Dans Daoren, un rêve habitable, Claude Margat,
écrivain, marcheur et peintre taoïste écrit Sur le cercle de mon parcours,
je retrouve chaque fois les livres, l'errance, la contemplation, l'atelier de
peinture, le sommeil. Depuis plus de vingt ans, je me borne à explorer un
secteur géographique réduit. J'y ai découvert d'incroyables trésors naturels...
p 253
Claude Margat est taoiste. Il pratique la peinture de
paysage à l'encre. Le secteur géographique dont il parle, c'est l'estuaire de
la Charente, le marais charentais, les alentours de Brouage. Bien qu'il soit un
marcheur émérite, il emploie également le mot errance – ou déambulation
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Gwenaëlle Aubry, philosophe et romancière, a retrouvé,
à la mort de son père, ses carnets dans
une chemise sur laquelle il avait écrit « A romancer ». Cet éminent
juriste, professeur à la Sorbonne et enseignant à l'ENA, souffrait de mélancolie : il était
maniaco-dépressif.
Je vais lire, extrait du livre qu'elle lui a consacré
(intitulé Personne et publié au Mercure de France) un passage qui
pourrait porter pour titre : Fuir !
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Voici donc le double visage de l'errance :
choisie et même revendiquée ou alors subie comme une sorte de malédiction.
Fugue et vagabondage.
Le mot dromomanie a disparu des dictionnaires. Il a
été inventé en 1893 par Etienne Régis, un psychiatre qui exerçait ses talents à
Bordeaux. Avant, on parlait d'automatisme ambulatoire ou somnambulique, de
vagabondage impulsif. Ensuite il sera question de fugue amnésique ou
consciente.
Dans tous les cas, il s'agit d'un abandon impulsif de
domicile ou de lieu de travail à l'insu de l'entourage. Comme dans l'épisode de
Jean B., le somnambule (in Rêves de passage) la destination peut avoir
une signification affective ou symbolique. En général, le fugueur est seul.
Mais les enfants et les adolescents partent parfois à quelques uns
Comment différencier la fugue du vagabondage ?
En référence à la durée.
Le vagabond est un fugueur qui s'est installé dans la
durée.
Il y aujourd'hui parmi les jeunes une forme de
vagabondage, en partie saisonnier, qui par certains côtés s'apparente à la
fugue. Jeunes en errance à la rencontre desquels est parti François Chobeaux et
dont il rend compte dans un livre intitulé Les nomades du vide. Ces
jeunes sont ce que l'on appelle encore aujourd'hui des zonards – le terme n'est
pas péjoratif puisque que c'est ainsi qu'ils se nomment eux-mêmes. Nous ferons
à cette occasion un petit détour par la zone.
Cette dimension de l'errance est évoquée dans Petite soeur, tiré de Rêves de passage.
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Les personnes présentes reconnaîtront peut-être une
femme que l'on croise à Apt, puis en montant vers Saignon.
La lecture de ce texte permettra d'aborder une
dimension bien particulière de l'errance : le fait qu'il y ait très peu de
femmes errantes et clochardisées.
Très
peu de femmes parmi les clochards, les vagabonds, les zonards, les travellers :
dix pour cent en moyenne. Il paraît que nous nous détournons moins facilement
que les hommes du réel, que nous sommes plus résistantes à la
désocialisation, moins sujettes à la pathologie du lien à soi aux autres au
monde...
Café-philo du 12 avril
Lien pour consulter le texte détaillé de l'intervention : http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2013/04/index.html
Questionnons d’abord la question : Qu’est-ce que la déconstruction ? Et pourquoi poser cette question ?
« La déconstruction est une méthode, voire une école, de la philosophie contemporaine. Cette pratique d'analyse textuelle s'exerce sur de nombreux types d'écrits (philosophie, littérature, journaux), pour révéler les décalages et confusions de sens qu'ils font apparaître par une lecture centrée sur les postulats sous-entendus et les omissions dévoilés par le texte lui-même.
Ce concept, participant à la fois de la philosophie et de la littérature, a eu un grand écho aux États-Unis, où il est assimilé à la philosophie postmoderne, et plus globalement à l'approche divergente de la philosophie continentale d'Europe. Si le terme « déconstruction » a d'abord été utilisé par Heidegger, c'est l'œuvre de Derrida qui en a systématisé l'usage et théorisé la pratique. »
Wikipedia « Heidegger et le nazisme »
Derrida, bien sûr, très connu, surtout aux Etats-unis, mais très abscons, très hermétique. Heidegger, dont beaucoup disent qu’il est parmi les plus grands philosophes du 20e siècle … Mais son adhésion au parti nazi me reste en travers de la gorge (il y est resté de 1933 à 1945, de façon active de 1933 à 1934, puis comme Mitläufer, comme « compagnon de route »).
Peut-on séparer l’homme du philosophe ? Et quel regard porter sur l’œuvre d’un homme qui a été au mieux un annonciateur puis un suiveur de l’idéologie nazi, au pire un partisan enthousiaste puis honteux de Hitler et de son régime. Qu'y avait-il dans le nazisme de si fort, de si entraînant, pour faire croire, même à un admirateur des Grecs, qu'il y avait de ce côté quelque solution à la crise gravissime qui affectait le monde à ce moment ?
Le débat est toujours ouvert …
« La métaphysique est une branche de la philosophie et de la théologie qui porte sur la recherche des causes, des premiers principes. Elle a aussi pour objet la connaissance de l'être absolu comme première cause, des causes de l'univers et de la nature de la matière. Elle s'attache aussi à étudier les problèmes de l’origine de l’homme, de la connaissance, de la vérité et de la liberté»
Wikipedia, métaphysique
L'humanisme classique
L’humanisme débouche sur les « droits de l’homme », considérés comme universaux.
La déconstruction de la métaphysique, incluant une mise en question radicale de toute pensée du propre de l’homme, des droits, de l’autonomie et de la subjectivité démocratique ne débouche-t-elle pas sur la négation de l’humanisme et des droits de l’homme ?
Heidegger était sur ce point cohérent, sa critique de l’humanisme l’ayant conduit vers le nazisme et non vers la démocratie.
Dans les années 60, l’intelligentsia universitaire française était dominé par la philosophie de la déconstruction, dans le sillage de Nietzsche et de Heidegger, laquelle dénonçait l’illusion d’un sujet libre, soutenu sur ce point par les courants marxistes et freudo-lacanienne.
L’humanisme bêlant (Foucault contre Sartre) était considéré soit comme une idéologie petite-bourgeoise, soit comme l’illusion suprême de la métaphysique occidentale.
Faut-il tout déconstruire ?
présenté par Martin VIDECOQ
Que reste-t-il de l'humanisme et des droits de l'homme
après les philosophies de la déconstruction, qui ont proclamé la fin de la
métaphysique ?
Questionnons d’abord la question : Qu’est-ce que la déconstruction ? Et pourquoi poser cette question ?
« La déconstruction est une méthode, voire une école, de la philosophie contemporaine. Cette pratique d'analyse textuelle s'exerce sur de nombreux types d'écrits (philosophie, littérature, journaux), pour révéler les décalages et confusions de sens qu'ils font apparaître par une lecture centrée sur les postulats sous-entendus et les omissions dévoilés par le texte lui-même.
Ce concept, participant à la fois de la philosophie et de la littérature, a eu un grand écho aux États-Unis, où il est assimilé à la philosophie postmoderne, et plus globalement à l'approche divergente de la philosophie continentale d'Europe. Si le terme « déconstruction » a d'abord été utilisé par Heidegger, c'est l'œuvre de Derrida qui en a systématisé l'usage et théorisé la pratique. »
Wikipedia « Heidegger et le nazisme »
Derrida, bien sûr, très connu, surtout aux Etats-unis, mais très abscons, très hermétique. Heidegger, dont beaucoup disent qu’il est parmi les plus grands philosophes du 20e siècle … Mais son adhésion au parti nazi me reste en travers de la gorge (il y est resté de 1933 à 1945, de façon active de 1933 à 1934, puis comme Mitläufer, comme « compagnon de route »).
Peut-on séparer l’homme du philosophe ? Et quel regard porter sur l’œuvre d’un homme qui a été au mieux un annonciateur puis un suiveur de l’idéologie nazi, au pire un partisan enthousiaste puis honteux de Hitler et de son régime. Qu'y avait-il dans le nazisme de si fort, de si entraînant, pour faire croire, même à un admirateur des Grecs, qu'il y avait de ce côté quelque solution à la crise gravissime qui affectait le monde à ce moment ?
Le débat est toujours ouvert …
La déconstruction de la métaphysique
Mais l’intérêt de cette controverse ne tient pas dans les querelles sur Heidegger, mais plutôt sur sa volonté proclamée de déconstruction de la métaphysique.« La métaphysique est une branche de la philosophie et de la théologie qui porte sur la recherche des causes, des premiers principes. Elle a aussi pour objet la connaissance de l'être absolu comme première cause, des causes de l'univers et de la nature de la matière. Elle s'attache aussi à étudier les problèmes de l’origine de l’homme, de la connaissance, de la vérité et de la liberté»
Wikipedia, métaphysique
La métaphysique est le savoir de l'agencement sous-jacent qu'il y a
en-deçà des manifestations de la nature et en fait l'unité.
L'ontologie est la partie de la métaphysique qui s'occupe de l'être
en tant qu'être. La doctrine des Idées de Platon est une
métaphysique. L'atomisme de Démocrite est une ontologie (et aussi
une métaphysique matérialiste).
La déconstruction me semble s'attaquer de manière privilégiée à la métaphysique qui justifie une place éminente de l'homme dans la nature : l'homme seul être qui se définit lui-même doit parachever l’œuvre de Dieu (Pic de la Mirandole) ; l'homme, le seul être raisonnable est la finalité de la nature (Kant). Ce sont des formulation de l'humanisme.
La déconstruction me semble s'attaquer de manière privilégiée à la métaphysique qui justifie une place éminente de l'homme dans la nature : l'homme seul être qui se définit lui-même doit parachever l’œuvre de Dieu (Pic de la Mirandole) ; l'homme, le seul être raisonnable est la finalité de la nature (Kant). Ce sont des formulation de l'humanisme.
L'humanisme classique
L'humanisme est un
mouvement de pensée qui s'est développé en Italie pendant la Renaissance,
en réaction au dogmatisme rigide
du Moyen Age. Il propose de renouer avec les valeurs, la philosophie, la
littérature et l'art de l'Antiquité classique qu'il considère comme le
fondement de la connaissance.
L'humanisme propose de nouvelles valeurs fondées sur la raison et le libre-arbitre.
L'humanisme propose de nouvelles valeurs fondées sur la raison et le libre-arbitre.
Quelques humanistes :
Pétrarque (1304-1374), Boccace (1313-1375), Léonard de Vinci (1452- 1519), Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), Erasme (v. 1466-1536), Guillaume Budé (1467-1540), Thomas More (1478-1535)...
Pétrarque (1304-1374), Boccace (1313-1375), Léonard de Vinci (1452- 1519), Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), Erasme (v. 1466-1536), Guillaume Budé (1467-1540), Thomas More (1478-1535)...
L'humanisme moderne
Par extension, dans son
sens moderne, l'humanisme désigne tout mouvement de pensée idéaliste et optimiste qui place l'homme au-dessus
de tout, qui a pour objectif son épanouissement et qui a confiance dans sa
capacité à évoluer de manière positive. L'homme doit se protéger de tout asservissement et
de tout ce qui fait obstacle au développement de l'esprit. Il doit se
construire indépendamment de toute référence surnaturelle.
Philosophies parfois antagonistes pouvant êtres qualifiées d'humanistes : la philosophie des Lumières, l'existentialisme, le libéralisme, le marxisme...
Philosophies parfois antagonistes pouvant êtres qualifiées d'humanistes : la philosophie des Lumières, l'existentialisme, le libéralisme, le marxisme...
L’humanisme débouche sur les « droits de l’homme », considérés comme universaux.
La déconstruction de la métaphysique, incluant une mise en question radicale de toute pensée du propre de l’homme, des droits, de l’autonomie et de la subjectivité démocratique ne débouche-t-elle pas sur la négation de l’humanisme et des droits de l’homme ?
Heidegger était sur ce point cohérent, sa critique de l’humanisme l’ayant conduit vers le nazisme et non vers la démocratie.
Dans les années 60, l’intelligentsia universitaire française était dominé par la philosophie de la déconstruction, dans le sillage de Nietzsche et de Heidegger, laquelle dénonçait l’illusion d’un sujet libre, soutenu sur ce point par les courants marxistes et freudo-lacanienne.
L’humanisme bêlant (Foucault contre Sartre) était considéré soit comme une idéologie petite-bourgeoise, soit comme l’illusion suprême de la métaphysique occidentale.
Nous tenterons au cours de ce débat de comprendre ce qui reste de l'humanisme et d'examiner les tentatives de reconstruction d'un humanisme athée.
Café-philo du 22 février
En préparation de notre débat du 22 février, voici un texte de Pascal Gehin sur le thème du Hasard :
LE HASARD
Quelques mots autour du hasard
ou
Le hasard n’est-il qu’un mot ?
Le hasard est certes un mot ; mais pas
n’importe quel mot.
Il se rapporte à une notion abstraite mais dont très peu ignoreront
l’existence qu’ils soient mathématicien, scientifique, littéraire, philosophe, sportif,
mécréant, croyant ou qu’ils se définissent comme « tout un chacun ».
Peu de personnes en effet nieront avoir rencontré le hasard, l’avoir
évoqué lorsqu’elles ne pouvaient ou voulaient trouver une cause à un évènement,
l’avoir évoqué comme recours lorsqu’elles ne parvenaient pas à se sortir d’une
situation.
En tant que notion abstraite et largement partagée, le hasard est donc
un mot rare qui mérite notre intérêt.
Du point de vue des
philosophes, le hasard a eu quelque temps droit de cité, dans une relation
complexe avec la nécessité (Cf. Démocrite) .
Mais, très rapidement, la philosophie Aristotélitienne (voir le Traité de Physique) lui a porté un
coup presque mortel en l’excluant des effets
habituels (que la raison devait expliquer), des effets reconnus nécessaires
(qui étaient rapportés aux Dieux s’ils échappaient à la raison) et en le
cantonnant à l’origine de phénomènes offrant la double caractéristique de leur
rareté et de leur faible importance.
Pour des raisons différentes mais sous pratiquement toutes ses
variantes, la philosophie européenne, à base rationaliste et déterministe,
s’est acharnée à nier ou à ignorer le hasard ;
Ce dernier a ainsi été diabolisé par KANT, méprisé par LEIBNITZ, honni par Jean-Paul
SARTRE.
Paradoxalement, le hasard a été réhabilité par des épistémologistes
(Cf. Gaston BACHELARD), par des mathématiciens (au premier rang desquels Henri
POINCARE) et par des scientifiques dont la raison était pourtant le principal
outil de travail (en même temps que le déterminisme était leur règle de
conduite).
Il est à noter que les scientifiques, et surtout les mathématiciens,
ne se sont pas contentés d’évoquer le hasard comme l’explication confortable
des insuffisances de leur raisonnement ; ils en ont traqué la signature au
travers de phénomènes simples, apparemment bien expliqués et ils ont osé en
simuler les effets pour y accéder en tant que l’objet d’étude qu’il n’avait pas
vocation à être.
Dans ce domaine, les théoriciens du chaos ont joué un rôle essentiel,
et nous proposent quelques questions
méritant d’être débattues.
En tout état de cause, le hasard interroge l’homme sur les limites de
sa raison, sur ses responsabilités, sur les conséquences de ses actions, sur
ses origines et son avenir, sur les fondements de sa foi (ou de sa
non-foi), sur sa place dans l’univers...
Ainsi, même en admettant qu’il ne soit qu’un
mot , il mérite peut-être son café-philo.
La démocratie est-elle illusoire ?
Compte-rendu Café-philo Apt du 22/02/2013
Présentation de la question par Jacques Roux
Le problème de la démocratie n’est pas abordé de front, mais selon un angle original.
C’est la notion de représentation, dans sa généralité, qui sert de voie d’entrée dans la problématique.
La représentation est considérée comme le symptôme d’un fonctionnement social pathologique. Elle est en effet essentiellement normative : l’anormal serait ce qui n’a pas droit à la représentation.
La représentation peut donc être lue comme l’expression d’une configuration psychologique névrotique. Le névrose n’est-elle pas une crispation sur des signes de valeurs afin d’y faire rentrer à tout prix tout ce qui advient ?
Cette interprétation serait confirmée dans le champ politique, par les deux domaines d’exclusion de la représentation :
• la monarchie absolue,
• l’exigence populaire de démocratie directe.
Le monarque absolu exclut la représentation parce que son action vaut toujours pour elle-même ; mais il en est de même du peuple qui agit pour refuser le pouvoir établi.
C’est pourquoi la bourgeoisie crée la catégorie psychiatrique de « paranoïa ». Elle disqualifie ainsi comme cas pathologique le monarque qui prétend tout régenter avec ordre et clarté.
Mais le peuple révolté subit le même sort car, selon l’orateur, la catégorie psychiatrique de « schizophrénie » a été créé par la bourgeoisie pour disqualifier comme pathologique son comportement fauteur de troubles.
Entre ces deux pôles – l’omnipotence du monarque et la confusion de la démocratie directe du peuple – la bourgeoisie, arrivée au pouvoir, a ménagé l’espace de la représentation.
Dans le domaine politique cela se traduit par la démocratie élective de représentants des sociétés occidentales depuis les révolutions de la fin du XVIII° siècle.
L’orateur approfondit la compréhension du champ politique actuel à travers cette grille d’interprétation psychiatrique. Notre démocratie élective exprime la névrose bourgeoise. Comme toute névrose, elle se développe sur un refoulement, celui d’une réalité sociale infiniment plus riche que les représentants qu’elle promeut voudraient la faire paraître ? Cette richesse est représentée par le peuple, dont la prétendue schizophrénie n’est que l’expression de l’angoisse bourgeoise face à la possibilité d’un monde qui aurait mis bas toutes ses valeurs, en particulier sa valeur suprême : la valeur d’échange (l’argent).
Si bien que cette présentation se termine sur une note optimiste. Le monde névrosé bourgeois est une impasse qui ne peut que mener à la mise à découvert de la vitalité sociale qu’il refoule. L’orateur s’appuie en particulier sur des mouvements actuels de réforme politique qui lui paraissent prometteurs. C’est le cas du projet de refondation constitutionnelle initié par Étienne Chouard. Ce projet évacue en effet la représentation en préconisant la désignation des responsables politiques par tirage au sort.
Références (site Internet de Jacques Roux) :
http://melchisedek.free.fr/amphibologie/
http://melchisedek.free.fr/encoreuneffort/
Débat
Les participants ont exprimé leur intérêt pour l’acuité du regard sur la démocratie apporté par cette approche psychiatrique. Ils ont cependant surtout échangé sur les problèmes que pose notre système politique actuel qui se proclame « démocratie », prenant au mot, et de manière concrète, l’intitulé de la soirée « la démocratie est-elle illusoire ? ».
Ce fut surtout l’illusion d’être « représenté » par les élus qui fut soulignée. Ceux-ci, en effet, ont été décrits comme une élite dominante qui arrive relativement bien à se perpétuer, en s’appuyant en particulier sur la complaisance des médias pour franchir les échéances électorales. Outre cette complaisance, ont été dénoncés en particuliers : les formations élitistes (Sciences Po, ENA, etc), le cumul des mandats, la reconductibilité indéfinie des mandats, la mainmise des partis sur les candidatures et le rôle déterminant de l’argent dans les élections.
Mais les échanges ont permis aussi de mettre en valeur d’autres aspects de la vie politique qui ont amené à nuancer ce diagnostic négatif. Ainsi a été mis en évidence le rôle incontestable de représentant et de gestionnaire désintéressé que peut prendre très souvent l’élu local, surtout dans les petites communes ou collectivités. On a également souligné l’importance d’espaces nouveaux de démocratie directe sur Internet qui ont montré leur potentiel en certaines occasions, en particulier lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. On a enfin reconnu la responsabilité des citoyens dans l’ankylose de la démocratie représentative : ce sont eux aussi qui acceptent d’être divertis au lieu de surveiller les agissements de leurs élus, comme ce sont eux qui se laissent très souvent séduire par les sollicitations passionnelles (les images de la figure paternelle, du sauveur, de la peur, etc.) au lieu de privilégier la raison et le débat sur les problèmes de la société.
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